Un bon Saint Marcellin

Pour mon cousin Titi, le roi des fromages qui puent.

Une saveur puissante, typiquement française : celle d’un bon fromage. Avec notre formidable patrimoine fromager, difficile de choisir tant la France regorge de merveilles lactées — on parle de 1 000 à 2 000 variétés sur tout le territoire. Et pourtant, une image s’imposait sans cesse dans mon esprit : celle d’un petit Saint-Marcellin bien crémeux.

Ce fromage, enveloppé dans son emballage rigide ou — encore mieux — dans sa coupelle rouge ou marron, m’évoque tout de suite la convivialité. Et cette fameuse coupelle ? On peut la laver et la réutiliser, par exemple pour y mettre des olives ou des cacahuètes lors de l’apéro. Une astuce simple, durable… et pleine de souvenirs[1].

Le Saint-Marcellin crémeux, lui, ne se met jamais au réfrigérateur. Pour moi, c’est toujours la version crémeuse — l’autre, plus sèche, ne m’intéresse pas. On commence à le déguster le jour même, car certaines choses dans la vie ne peuvent pas attendre…

Il y a d’abord le plaisir visuel : une douce couleur ivoire, une texture légèrement fripée sur les bords. Pas comme ces fromages à l’allure de centenaire, avec une croûte burinée comme une peau marquée par les années, le soleil et le grand air. Ici, le Saint-Marcellin se présente dans sa jeunesse gourmande — prêt à fondre sous le couteau.

Vient ensuite le plaisir olfactif : on inspire… et ça sent divinement bon. Même quand l’odeur est forte ou pique un peu le nez, il y a cette petite délectation qui fait frissonner d’impatience. On plante son couteau[2] — ou sa cuillère ! — et ça glisse comme dans du beurre. Ce simple geste annonce déjà la joie à venir.

Enfin, c’est le goût qui l’emporte. Une bouchée fondante avec un petit morceau de pain, ou une généreuse tartine. Pourquoi pas ? C’est onctueux, doux au palais sans jamais être fade. Un goût franc, acidulé, pas trop salé. Une nuance crémeuse, une pointe de sel, et un soupçon de magie transmis par les savoir-faire du terroir. Le bonheur, tout simplement.

Rien que d’y penser, je salive…


[1] C’est ce genre de petite chose toute simple qui me manque parfois. Un pot de moutarde réutilisable en tant que verre ; un emballage/ coupelle a fromage réutilisable à l’infini (au du moins jusqu’à sa casse). Ici aux Etats-Unis, ce concept n’existe pas beaucoup… J’ai un autre post à venir à ce sujet. Stay tuned !

[2] Ou sa cuillère. Je vous assure, ça se fait ! Je l’ai fait quelques fois dans ma vie. A chaque fois j’ai fini la coupelle entière, cuillère après cuillère. Quand c’est bon, c’est bon…

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